L’épisode des gilets jaunes, que les mesures gouvernementales prises face à la pandémie ont clôt prématurément, a montré que le traditionnel clivage gauche/droite avait du plomb dans l’aile.  Il est dépassé, la question étant de savoir s’il l’est vers le haut ou vers le bas ! Vers un surcroit de conscience qui permettrait un renouveau de la politique, ou bien vers le plancher bien gras du matérialisme qui consiste pour les pauvres, assommés par les élites politiques, à vouloir obtenir ce que les riches ont déjà. Rien de révolutionnaire en somme ! Bien sûr, par conformisme, passivité et fainéantise, l’électeur choisit son camp, mais le dépit le gagne. Dans le jeu institutionnel, qui le lasse de plus en plus, quel autre choix a-t-il ? Si nous observions un peu finement nos compatriotes, nous aurions déjà compris que le citoyen de base n’est ni de droite ni de gauche, il est de droite ET de gauche, passant d’un bord à l’autre en fonction de la bonne mine et des bonnes manières du candidat ou de la candidate, ou bien bercé par des promesses sans lendemain. En société post-moderne le temps passe vite et sa vacuité est usante. On n’observe pas cela qu’en France, regardez les Américains, capables de passer, en huit années seulement, de Obama à Trump ! Mais, sous la loupe permanente des médias, huit ans ça compte et les opinions se lassent, elles exigent de la variété, habituées qu’elles sont à être diverties sans relâche. En France, Hollande le faussaire avait fait la courte échelle à Macron, lequel osa intituler son programme de campagne Révolution. Le seul coup d’éclat de ce prestidigitateur fut de réussir à se faire passer pour un outsider alors qu’il était le pur produit du système bourgeois. Quel mensonge ! Après Hollande, Macron n’aura été que la prolongation du statu quo. Tout deux n’ont eu de cesse d’embrouiller droite et gauche afin de produire une régurgitation idéologique sans consistance. Le mouvement dit « insurrectionnel », en réalité, couve et rassemble à droite comme à gauche et démontre, c’est presque nouveau, l’existence d’une radicalité commune. Il brasse des idées qui traversent et associent, dans une conflictualité variable, tout l’échiquier politique. Bien sûr, face au magma à gilet jaune, il y avait de quoi être désorienté et éprouver de la méfiance. Cette confusion provoqua l’hésitation face au brassage des perspectives juxtaposant, ce n’est qu’un exemple, nationalisme, ou pour le moins un souverainisme ambigu, et lutte des classes. Ce qu’il faut admettre, c’est que cette fermentation exprima du réel, celui issu des profondeurs des courants qui animent l’imaginaire populaire et inspirent ses représentations du présent et de l’avenir. La prétendue « réalité » des médias et des structures institutionnelles est comme toujours en retard sur le bouillonnement de la société. L’aveuglement des élites, renforcé par leur séparatisme social, est par conséquent de rigueur, engoncées qu’elles sont dans de vieilles routines intellectuelles, ne parvenant plus à comprendre les tumultes qui émergent. Le mouvement qui sur les réseaux sociaux s’est annoncé le 10 septembre 2025 semblait d’une nature analogue. Les médias ont tergiversé, ne sachant pas comment en parler, quelles positions adopter car tout s’emmêle parfois, dans des formes déroutantes de paroxysmes émotionnel et idéologique, et de cela personne ne sait si le meilleur ou le pire en sortira. Chacun pressent qu’un mouvement est nécessaire, dangereux certes, mais nécessaire pour que quelque chose advienne contre le climat délétère du statu quo. Accouchera-t-il d’une souris ? d’un monstre ? d’une utopie ? Seul le degré d’émancipation doit servir de critère d’appréciation : une émancipation la plus vivable pour tous, à l’écart du matérialisme bourgeois qui détruit les psychismes privés de transcendance, les sociétés débordant de frustrations, et la planète dérèglée et réchauffée croulant sous les immondices tant visibles qu’invisibles. Destruction partout, Révolution nulle part.

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