Sans modération, l’appétit du capitalisme aura réussi à détruire la planète et déstabiliser les sociétés, d’un commun accord des fameux « décideurs ». Bon gré mal gré, à des degrés divers souvent indépendants des volontés individuelles, tout le monde participe désormais au carnage, gens de la rue, pouvoirs privés et publics. Au regard de l’Histoire il n’y avait pas d’autre voie possible, du fait de l’enchainement inéluctable des cycles et du caractère incontrôlables des épisodes. La maitrise de l’Histoire est une illusion mythomaniaque a postériori. Ce qui est fait est fait. Un autre monde n’était pas possible. L’Histoire n’est pas une série Netflix. Mais qu’en sera-t-il demain ? Comment en sortir, si nous voulons briser le cercle et survivre ? Transition, bifurcation, révolution : est-ce seulement envisageable ? N’est-ce pas céder au mirage de l’autonomie de la volonté humaine ? Les croyants diront que tout cela est la conséquence de la volonté divine, la punition du Ciel abattue sur les Terriens. Faut-il croire les croyants ? Ou plutôt les progressistes qui montrent le verre à moitié plein ? Le niveau de confort matériel et psychologique est un puissant anesthésiant. Notre civilisation s’essouffle, elle prend l’eau partout. Le capitalisme touche le bord et le fond. Une bonne partie des bénéficiaires, et des nombreux aspirants bénéficiaires, n’a, c’est logique, aucune envie de changer de destin. Et puis à quoi ressemblerait un autre destin ? Qui dispose encore des ressources mentales pour l’imaginer ? Les décideurs et les puissants sont les premiers des conformistes. Ils ont intériorisé le système et vivent pompeusement dans sa cage. Ils tiennent les commandes, ils ont pris le pouvoir que nous leur avons laissé. Ils sont les fidèles du statu quo. On peut les comprendre mais peut-on les tolérer ?

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