On l’espère, on l’attend avec impatience ; il se définit par sa libération relative des contraintes de la production et de son corollaire, le travail. Le temps libre n’est pas un temps posté. Nous y sommes disponibles pour aller à notre guise et pratiquer des activités choisies. Pétanque, randonnée, lecture, couture, bricolage, sorties en boite, plage, drague, méditation, tout est presque possible. Du moins en théorie. On peut même l’imaginer délivré des activités d’éducation des enfants et de service conjugal. Cette disponibilité à vivre, par son caractère plus ou moins accessible, démontre les inégalités régnant dans les familles et la société, entre les sociétés. Le tourisme a occupé le temps libre avec insouciance et allégresse, évidemment pour ceux qui disposent de la capacité économique nécessaire. En tout cas le tourisme occupe massivement la mentalité du temps libre. Face à cette colonisation mentale, culturelle et géographique, c’est à une nouvelle politique d’usage de cette liberté qu’il faut sans tarder réfléchir. De nouveaux imaginaires sont à imaginer, vite ! Comment libérer le temps libre de son obsession touristique ? Voilà une question centrale qui déborde sur l’existence toute entière des individus et des peuples. Les Français doivent s’y atteler les premiers, car leur pays est faible de cette dépendance touristique qui ne promet pas un grand avenir dans une société qui saisirait à bras le corps la question écologique et sociale. Songez aussi aux conséquences des basculements géopolitiques, déjà à l’œuvre ou à venir ! Que mettre à la place, d’aussi désirable et de plus émancipateur, à l’écart de toute espèce de rêves d’orgies consuméristes ? Voilà de quoi penser, débattre et inspirer. S’ouvriront de nouveaux horizons.

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