Réintroduire l’enfant dans le concret du monde, voilà l’urgence ! Au lieu de le former aux écrans déformant, l’enfant doit plutôt savoir reconnaitre les arbres et les légumes. L’avenir est au retour de la subsistance. La subsistance est tragique et magique car elle réintroduit aux mystères de la vie. L’enfant doit savoir comment semer, planter et désherber, c’est-à-dire savoir comment faire fructifier la Terre, alors que l’instruction officielle s’ingénie à lui apprendre comment la détruire avec entrain, avec compétence même, dans le mépris des conséquences que cette destruction provoque sur la propre vie de l’enfant. C’est l’ignorance, l’horizon véritable de cette éducation hors sol, soumise aux technologies les plus aliénantes alors qu’elles semblent simplifier la vie, mais cette simplification laisse les technologies penser à la place de l’enfant qu’elles transforment en mort-vivant. Espérons la révolte de l’enfant, lorsqu’où qu’il aille et quoiqu’il fasse il sentira sa chair brûler sous les soleils toxiques et ses poumons se plastifier jusqu’à l’étouffement. Dans l’eau, dans l’air, des villes jusqu’aux sommets des montagnes, partout se cachent des particules dégueulasses ! L’enfant doit retrouver la puissance d’une respiration pleine, pure, dépourvue de toute mauvaise conscience. Au-delà des pulsions brutes, pas toujours innocentes, l’enfant doit explorer la trace du paradis qui résiste en lui et que l’éducation aux choses sérieuses, c’est-à-dire aux choses malheureuses et nocives, aux choses faciles et molles, aux choses assises, sans fatigue mentale ni physique, efface avec vigueur pour en éteindre les lumières et les foyers de révolte.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *