Ma cousine végane a raison de pourfendre l’industrie de la viande morte, les conditions d’élevage ignobles et les quantités de boucherie nécessaires pour remplir les bouches d’une humanité industrielle. Les sociétés les plus raisonnables se nourrissaient sobrement, par nécessité c’est-à-dire sans goinfrerie, grâce à la diversité de ce qu’elles trouvaient sur leur territoire et échangeaient le reste, parfois sur de longues distances grâce au développement des transports et des modes de conservation. Mais que deviendront les végans lorsqu’on expliquera au public que les végétaux ont aussi une sensibilité ? Au nom d’une conception sentimentale de la nature, de surcroit urbaine et abstraite, la nourriture industrielle de synthèse l’emportera, assurant la prospérité de la chimie alimentaire. Avec la disparition des paysans, une bonne partie des relations avec la nature s’effacera. Cette connaissance perdue, nous nous enfoncerons davantage dans un monde d’artifices. En matière de nourriture tout est question de mesure.

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